
Design et politique, c’est un peu le serpent de mer. Beaucoup de designers voudraient influencer les collectivités (ou la collectivité) comme ils influencent les entreprises. Mais finalement peu d’exemples à se mettre sous la dent. Comme dans une entreprise, le designer pour bien collaborer avec une institution, a besoin d’être tout près de l’élu, du patron. Et que celui-ci reconnaisse avec justesse ce que peut lui apporter le design, en terme de concrétisation d’idées et de pensées… Et que le designer s’adapte à un mode de décisions, de projet, qui lui est très étranger. Bref! Pas facile. C’est pourquoi beaucoup plus nombreux sont les projets de designers qui essayent d’influencer la société à distance, en questionnant, surprenant, dénonçant, valorisant telles ou telles idées, tels ou tels engagements, à l’aide de prototypes, d’expériences, d’images, etc. En cette période saturée de politique, citons l’exposition Politique Fiction à la Cité du design, sous le regard acéré d’Alexandra Midal : « Politique Fiction offre l’opportunité à tous de mesurer les relations qu’entretiennent les designers avec les utopies sociales et économiques. » Et à ce politique qui nous demandait quelle était la différence entre un designer et un décorateur, nous avions répondu « le décorateur est un designer de droite, et le designer est un décorateur de gauche ». Les clichés ont la vie dure.
22.12.2012
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