Rejoignez les Sismo sur  #
    Et aussi sur  # # # # #        Contact

    Blog du design et de l´innovation pour tous

    Le regard pertinent et impertinent
    des Sismo designers

    la ligne de crête

    par Antoine F. | 12/12/2012

    Du haut de notre ligne de crête, c’est là qu’on a notre meilleur point de vue! Ce dernier est à trouver entre deux grandes forces du design. D’un coté, sa capacité à réfléchir, réinventer, s’engager, modifier, critiquer, tenter… De l’autre sa compétence à servir une marque, rendre identifiable, valoriser, rendre tangible. Ces deux aspects sont aussi des réalités qui confrontent deux types d’acteurs du métier, qui s’ignorent au mieux, se toisent le plus souvent. Les créateurs-designers qui signent leurs pièces, s’approprient un champs formels, revendiquent des valeurs, de préférence loin du capitalisme sauvage. Les agences de design qui travaillent pour des marques, aident à rendre tout rentable, reconnaissable, désirable, achetable, consommable. Les premiers disent des seconds qu’ils n’ont pas de point de vue, pas de créativité, pas de morale et ne pensent qu’au profit. Les seconds disent des premiers qu’ils sont prétentieux, élitistes, pas à l’écoute, pas dans la réalité, et qu’ils ne font que de la com’ élitiste. Dans les caricatures, il y a certes toujours un peu de vrai, et un peu d’a priori. Quelques faits aussi : ce n’est pas demain qu’un créateur-designer emploiera 80 personnes comme peut le faire une agence. Ce n’est pas demain qu’un mobilier italien sera signé par une grosse agence de design parisienne. Ce n’est pas demain qu’un créateur fera de la stratégie pour un grand groupe industriel. Ce n’est pas demain qu’une agence fera la une d’Intramuros (www.intramuros.fr). Sous le même nom de « design », deux vallées séparées par une haute montagne. À chaque vallée ses médias, son vocabulaire, ses réseaux, son économie, ses a priori, ses jalousies, ses savoir-faires, etc. La vie quoi.

     

    Ligne de crete

     

    Nous essayons toujours de rester en équilibre sur la ligne de crête de cette montagne, de faire des projets dans chacune des vallées, sans jamais perdre de vue l’autre. C’est Michele Delucchi (www.micheledelucchi.com) qui nous a mis la puce à l’oreille sur le sujet, à Milan, il y a plus de 15 ans. Si l’on tombe d’un coté de la montagne, on est cuit, on perd le contact avec l’autre. Alors pour garder l’équilibre, si l’on fait un projet très très industriel avec une grosse marque, on va pousser d’autant plus loin à l’opposé notre réflexion de créateurs. Ainsi sommes nous devenus commissaires d’exposition à Sèvres Cité de la Céramique en même temps que nous commencions la plateforme d’innovation du groupe St Gobain. Ainsi avons nous développé Vanité High Tech alors qu’on nous confiait toute la refonte d’une gamme de bouteilles d’une marque leader de l’agroalimentaire. Cela nous permet d’être engagés -même dans l’univers de l’industrie et des marques-, et réalistes -même dans nos collaborations avec des artistes contemporains-. Et, pas de secret, c’est la diversité de ces nécessaires adaptations intellectuelles et créatives que l’on adore avant tout.